Pendant 8 jours, à Paris, c’est sur un rythme effréné que ce sont enchaînés les shows lors de la Fashion-Week automne hiver 2013/2014. Parmi les plus grandes marques de haute-couture,  Chanel fut l’un des défilés les plus attendus. Mais si l’enseigne a beaucoup fait parler d’elle, ce n’est pas seulement pour son show magistral au Grand Palais.

En effet, des militants de Greenpeace se sont invités au défilé de la célèbre griffe de haute couture. C’est en déployant des banderoles sur les monumentales colonnes du Grand Palais où chacun a pu voir inscrit « Chanel, nettoyez la mode ! », que l’ONG a fait passer son message. Greenpeace n’en est pas à son premier coup d’essai puisqu’en 2011 elle a mené une opération intitulée « DETOX ». Mais depuis le 13 février dernier, coup d’envoi de la Fashion Week à New York, elle intensifie ses actions.

 

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Photo (c) Wilfrid Azencoth / www.1amour2.com

 

Des activistes se sont retrouvés sur les plus grand défilés afin de mettre en lumière les maillons dangereux pour l’environnement des chaines de production des géants de la mode. Des groupes de manifestants se sont aussi rassemblés sur les points de vente de marques phares en collant des affiches criant « Help to end this mess ». Un défilé origina,l puisque les mannequins semblaient tout droit sortis de l’hôpital, a même été organisé à New-York par Greenpeace afin de dénoncer les conséquences désastreuses de la politique d’ignorance des enjeux environnementaux. De même, à la Fashion Week de Milan, les activistes ont défilé à la verticale sur la façade du Château Sforzesco, accueillant participants et journalistes pour l’ouverture de cette semaine de la mode.

Décidé à viser les plus hautes sphères de la mode, c’est à travers une vidéo postée sur son site, « The Fashion Duel », que Greenpeace lui lance un véritable défi. Celui-ci a pour objectif une mode sans pollution et sans destruction. L’ONG a ainsi demandé à 25 marques (dont 15 de luxe) de répondre à 25 questions sur leur politique environnementale, et ce plus particulièrement en matière de déforestation, de pollution des eaux et d’usage de produits toxiques.

 

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Les 25 questions se concentrent autour de trois thèmes :

La politique d’achat de cuir : Des milliers d’hectares de forêt amazonienne partent chaque année en fumée pour développer l’élevage de bétail. Ce sont des centaines d’espèces animales qui sont désormais menacées d’extinction au profit de l’élevage intensif pour le cuir des bêtes qui servira à la fabrication de chaussures, ceintures et sacs.

La politique d’achat de pâte à papier : Les forêts d’Indonésie, habitat des derniers tigres de Sumatra, sont sacrifiées au nom de la production de pâte à papier. Celle-ci sert à fabriquer des emballages, des sacs de courses ou des boîtes en carton qui, une fois nos achats déballés, finissent en un temps record à la poubelle. Les multinationales de la pâte à papier, comme APRIL (Asia Pacific Resources International Holdings Limited) sont ainsi particulièrement visées et dénoncées par Greenpeace.

La politique de production textile : Dans les pays de l’hémisphère Sud, et plus particulièrement en Chine et au Mexique, des substances hautement toxiques pouvant affecter nos ressources mondiales en eau sont utilisées par l’industrie textile. Celles-ci libèrent des particules cancérigènes mais également des perturbateurs endocriniens qui ont donc des conséquences sur les fonctions hormonales.

Selon leurs réponses, les marques se voient attribuées sur chaque question une couleur (vert, jaune, rouge ou noir) en fonction de son degré de « propreté ».

 

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Malgré de nombreuses relances et sollicitations de la part de Greenpeace, Chanel n’a pas daigné répondre à ce questionnaire, tout comme Hermès, Dolce & Gabbana et Prada. Ceci prouve donc que ces marques ne sont pas disposées à jouer la transparence envers leurs clients contrairement à Dior, Valentino, Armani et Louis Vuitton qui ont joué le jeu. On retrouve aussi des enseignes grand public telles que Zara (numéro 1 mondial de la fast fashion), Uniqlo ou encore Benetton qui se sont engagées à éliminer toutes les substances chimiques et dangereuses de leur production. Ces marques améliorent ainsi durablement leur image tout montrant ainsi l’exemple aux grands de la haute couture et, pour finir, prouvent  à leurs consommateurs qu’ils peuvent être fiers de porter leurs vêtements.

Ces pratiques dangereuses menacent notre planète et nos ressources naturelles. La mode, et plus particulièrement le milieu de la haute couture, est un monde fermé et peu accessible. Elle censée faire rêver, pas être un cauchemar. Créatrice de tendances, la mode doit montrer l’exemple d’autant plus qu’aujourd’hui pas moins de 70% des consommateurs disent préférer et privilégier des marques ayant une réelle éthique.

Rendez-vous donc en septembre 2013  pour la Fashion Week printemps-été 2014, il est fort possible que Greenpeace continue ses actions en frappant toujours plus fort…